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En 1966, la guerre fait rage entre les deux écuries automobiles Ferrari et Ford. Le but ? Installer une suprématie sur la course mythique des 24h du Mans, véritable outil de communication pour les constructeurs automobiles. C’est cette rivalité féroce que raconte le nouveau film de la 20th Century Fox « Le Mans 66 » réalisé par James Mangold
Nul besoin, ici, d’être un fan absolu ou un expert de sports mécaniques ou de belles cylindrées. En effet ce film a la capacité de rendre accessible au plus grand nombre de spectateurs cet univers, qui se passionnera pour cette histoire de compétition assez méconnu. Une belle surprise !

Synopsis : En 1959, Carroll Shelby est au sommet de la gloire après avoir remporté la plus difficile de toutes les courses automobiles, les 24 Heures du Mans. Mais son triomphe est de courte durée car l’intrépide Texan se découvre un grave problème cardiaque qui l’empêche de continuer à courir. Cependant, combatif et doté d’une ingéniosité sans bornes, Shelby se réinvente et devient concepteur de voitures. Il travaille dans un entrepôt à Venice Beach avec une équipe d’ingénieurs et de mécaniciens qui compte aussi dans ses rangs Ken Miles, un pilote d’essai au tempérament explosif. Champion de course automobile britannique et père de famille dévoué, ce dernier fait merveille derrière un volant. 
Quand les véhicules créés par Shelby se révèlent être de sérieux concurrents au Mans contre le légendaire Italien Enzo Ferrari, Ford Motor Company engage le visionnaire pour concevoir la voiture de course ultime, un bolide sans pareil capable de battre l’écurie d’Il Commandatore sur l’impitoyable piste française. 
Déterminés à réussir envers et contre tout, Shelby, Miles et leur équipe vont devoir passer outre l’ingérence de leur direction, défier les lois de la physique et affronter leurs propres démons pour développer un véhicule révolutionnaire qui surpassera tous ses concurrents. Une audace qui leur coûtera cher car toute victoire a son prix, et celle qu’ils convoitent est la plus exigeante de toutes...

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La grande force du film « Le Mans 66 » est sans aucun doute sa mise en scène soignée et fluide. Que ce soit pour les scènes de courses ou les scènes plus intimistes, James Mangold montre qu’il est à l’aise dans tous les domaines en offrant au final un résultat haut de gamme. Les scènes se déroulant sur les circuits automobiles sont bien évidemment les plus spectaculaires, la vitesse des véhicules, leur nombre et la caméra souvent placé au plus près des chauffeurs, démontrant par la même occasion le mental d’acier des coureurs, feront que le spectateur accroché à son siège sera complétement immergé dans le feu de l’action. Pour ces scènes, il est à noter l’utilisation discrète d’effets numériques. Cette qualité se voit également par un impressionnant travail de reconstitution de l’ambiance des années 60. Du siège social de Ford Motor Co. à l’usine Ferrari, en passant par le circuit des 24h du Mans dont quatre lieux de tournage ont été nécessaire pour recréer l’ambiance si particulière du site en 1966, ou encore les ateliers de Shelby American, tous ces décors au sens du détail impressionnant renforce la crédibilité de l’histoire tout en apportant au long-métrage une saveur authentique et profondément nostalgique.
Si le film est soigné dans son esthétisme, il l’est aussi dans sa construction. D’une durée de 2h33, il ne perd jamais de temps dans des longueurs inutiles, au contraire, il prend son temps pour introduire le contexte économique et de présenter ses personnages pour ainsi mieux cerner l’histoire qui se déroulera par la suite sous nos yeux. L’introduction terminée, « Le Mans 66 » défile à toute allure ne donnant jamais aux spectateurs le temps de s’ennuyer.

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Même si de nombreux personnages historiques connus sont visibles dans le film, « Le Mans 66 » tourne essentiellement autour de la relation aussi étroite qu’agitée entre Carroll Shelby et Ken Miles.
Interprété par Matt Damon, Carroll Shelby, cador de l'asphalte, ex-pilote de course, fut aussi l'inventeur de la plus rapide des « muscle cars », la Ford GT40, créée afin et de battre « l'invincible » Ferrari à son propre jeu.
Ayant un profond respect pour le personnage qu’il interprète, l’acteur arrive à restituer ici la personnalité charismatique de l’amoureux des bolides dans une performance plus que convaincante.
Le rôle du casse-cou revient à l'excellent Christian Bale, alias Ken Miles, pilote grande gueule, au caractère complexe mais aussi mécano orfèvre, sera choisi par Shelby pour tester et piloter la Ford GT40. Bale habite littéralement le personnage qu’il incarne, et arrive même à le rendre terriblement attachant grâce à l’humour qu’il dégage malgré son mauvais caractère.

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Si « Le Mans 66 » est presque exclusivement basé sur la relation qu’entretiennent ces deux personnages, le long-métrage présente également une galerie de personnages secondaires pas moins importants.
Jon Bernthal incarne Lee Iacocca. Ce fils d’immigrants italiens originaire d’Allentown en Pennsylvanie est devenu une légende de l’industrie automobile en redonnant vie au constructeur automobile américain Chrysler dans les années 80.
Tracy Letts, campe ici la légende de l’automobile de Detroit : Henry Ford II, PDG de Ford Motor Company de 1960 à 1979
Josh Lucas interprète Leo Beebe, l’égocentrique dirigeant de Ford Motors Company en charge de la branche compétition qui n’hésitera pas à mettre à mal le projet de Shelby afin de grimper dans la hiérarchie.
Remo Girone, acteur italien de cinéma, de télévision et de théâtre, joue Enzo Ferrari, fondateur de la Scuderia Ferrari, une marque qui a dominé le sport automobile pendant des années.
Enfin, l’actrice irlandaise Caitriona Balfe joue Mollie Miles, la femme de Ken et la mère de leur jeune fils, Peter incarné par Noah Jupe.

 

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 « Le Mans 66 », ce n’est pas exclusivement des courses de voitures, c’est aussi l’occasion de raconter une histoire d’hommes courageux et déterminés repoussant sans cesse les limites du possible pour arriver à atteindre leur objectif et ainsi battre tous les records. Le long-métrage fait également une critique social sur la façon dont sont pilotées les grandes entreprises. Entre arrogance et égocentrisme, l’appareil bureaucratique est ainsi montré du doigt comme étant qu’une organisation d’échelons occupés par une armée de personnes incompétentes privilégiant leur intérêt personnel, et préférant ne pas prendre de risque en dynamitant ainsi les projets innovant, les ramenant à des considérations financières et matérialistes. Une course au profit plutôt qu’à l’innovation.

La musique composée par Marco Beltrami est un élément de plus permettant de s’immerger pleinement dans l’ambiance 60’s. Sans jamais gâcher le ronronnement des moteurs, sa très belle partition, discrète quand il le faut nous fait voyager d’un style musical à un autre soulignant les différentes ambiances dépeintes dans le film : Jazz, Rock’n’roll, etc., il y en aura pour tous les goûts !

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Personnages attachants et casting brillant, rythme soutenu, scénario dense et passionnant magnifié par des décors impressionnants, « Le Mans 66 » est d’une efficacité redoutable ! Ce long-métrage racontant l’un des plus grands exploits du sport automobile est aussi une histoire profondément humaine qui en boulversera plus d'un. James Mangold signe sans doute ici un grand film Hollywoodien comme il s’en fait rare aujourd’hui !