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Vingt-sept ans après le succès du chef-d’œuvre des Walt Disney Animation Studios réalisé par John Musker et Ron Clements, « Aladdin » se voit offrir une adaptation « live action » complétant ainsi la série de remakes commencée en 2010 par « Alice au Pays des Merveilles ».
C’est à Guy Ritchie qu’a été confiée cette version 2019, qui entre bonnes idées et maladresses, n’arrive malheureusement pas à retranscrire la magie de l’opus original…

Synopsis :  Quand un charmant garçon des rues du nom d’Aladdin cherche à conquérir le cœur de la belle, énigmatique et fougueuse princesse Jasmine, il fait appel au tout puissant Génie, le seul qui puisse lui permettre de réaliser trois vœux, dont celui de devenir le prince Ali pour mieux accéder au palais…

Cet « Aladdin » version Guy Ritchie est un film agréable, divertissant mais qui ne propose malheureusement qu’un « copié-collé » des scènes du film d’origine. Là où de nombreuses adaptations « live-action » comme « Cendrillon », « Le Livre de la Jungle » ou « La Belle et la Bête » surprenaient par leur volonté d’approfondir certains éléments non évoqué chez leur modèle, « Aladdin » ne fait que raconter la même histoire qu’en 1992 sans chercher à se forger une propre identité. Le spectateur ne sera donc en aucun cas surpris même si il trouvera malgré tout quelques très légères différences. En effet le cinéaste s’est quand même offert quelques ajouts et modifications, qui bien que certaines comme la fête au palais du Sultan apporte une petite touche Bollywoodienne inédite et bienvenue, les autres n’arrivent jamais à surprendre ni à magnifier le film d’animation dont il est inspiré.
Ceci étant dit, « Aladdin » n’est clairement pas un mauvais film tant il contient de nombreuses qualités de par certains numéros musicaux et les costumes de toute beauté. Le spectateur ressortira de la salle très certainement content d’avoir passé un bon moment mais se rendra vite compte que cet « Aladdin » version 2019 souffre d’un gros manque de charme et qu’il est finalement le remake le moins convaincant jusqu’à maintenant.   

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Pour ce qui est du casting, il n’est clairement pas une catastrophe mais l’interprétation que les acteurs offrent à ces personnages mythiques n’est pas à la hauteur, à quelques exceptions près.
Mena Massoud interprète un Aladdin assez convaincant mais au caractère bien trop lisse par rapport au personnage auquel on était habitué. Ce manque de charisme est notamment visible dans les émotions qu’il a dû mal à transmettre. En revanche, l’acteur est totalement à l’aise dans les scènes d’action. 
La très bonne surprise de cet opus revient à l’actrice Naomi Scott, rayonnante dans le rôle de la Princesse Jasmine. L’héroïne s’offre une  belle mise en avant, grâce à un temps de présence à l’écran rallongée et une véritable évolution dans sa personnalité. La Jasmine de Guy Ritchie n’a jamais été autant dans l’air du temps.
Will Smith que l’on attendait au tournant interprète un Génie à la fois original et assez différent de sa version animée (irremplaçable) porté par la voix de Robin Williams. Sa performance bien que manquant un tantinet de folie, nous offre de bons moments d’humour et d’énergie.
L’acteur Marwan Kenzari est sans aucun doute la grosse erreur de ce casting. L’interprète de Jafar souffre ici d’un grand manque de charisme et de crédibilité là où le personnage de 1992 brillait par sa prestance, sa dangerosité et son côté manipulateur.
On notera également les personnages de Dalia (Nasim Pedrad), la servante de Jasmine et le Sultan (Navid Negahban) finalement très anecdotiques.
N’oublions pas non plus Abu, Rajah et Iago, qui par volonté de réalisme, perdent cet aspect comique que l’on aimait tant et ne servent donc plus à grand-chose… Seul le Tapis tire son épingle du jeu dans ces personnages en CGI en gardant cette énergie qui lui est si particulière. 

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Comme « La Belle et la Bête » en 2017, « Aladdin » reprend l’intégralité des chansons du film d’animation et rend un vibrant hommage au travail réalisé par Alan Menken, Howard Ashman et Tim Rice, en proposant une réorchestration actuelle, moderne et efficace tout en gardant le charme de celles-ci. On pourra saluer le fait que les paroles aussi bien originales que françaises ont été conservées dans la grande majorité des cas, sauf pour « Nuits d’Arabie » qui se voit ici rallongée pour une meilleure présentation de l’environnement dans lequel se déroulera l’action du film.
Les deux séquences musicales les plus impressionnantes reviennent à « Je suis ton Meilleur Ami » toujours aussi magique et « Prince Ali » qui se révèle être la plus majestueuse et colorée de toutes.
Du côté des déceptions nous retiendrons la séquence de la chanson « Je Vole » qui, bien qu’impressionnante a dû mal à passer à l’écran.
Même si superbement interprétée par Mena Massoud et Naomi Scott « Ce Rêve Bleu » souffre là d’une mise en scène simpliste. En effet la séquence perd ici toute sa magie et n’arrive jamais à surprendre ni à transporter le spectateur… Pour la version française, les belles voix de Julien Alluguette et Hiba Tawaji, n’ont malheureusement pas la grâce et l’intensité émotionnelle de Paolo Domingo et Karine Costa.
Cette version de 2019 se voit enrichir d’une nouvelle chanson en deux parties interprétée par Jasmine. Composée par Alan Menken et écrite par Benj Pasek et Justin Paul (« La La Land » et « The Greatest Showman ») « Parler » (« Speechless » en VO) est un solo plein d’intensité, chanté par une Naomi Scott décidemment talentueuse sur tous les points.  Même si « Parler » s’avère être une jolie chanson, sa musicalité et ses résonnances pop font qu’elle se détache trop de l’ambiance musicale globale. De plus sa chorégraphie mal réalisée nous ferait plus penser à un téléfilm pour adolescent qu’autre chose.
On regrettera aussi que la chanson « Proud of your Boy » ne soit pas présente ici alors qu’il aurait été facile de l’introduire lorsque Aladdin parle de sa famille et notamment de sa mère.

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Qui dit « Aladdin » dit ambiance orientale, et celle-ci est particulièrement assez réussi et arrive à retranscrire cette culture riche du Moyen-Orient tout en passant par l’Inde et ses couleurs vives. Un beau travail donc, notamment visible dans les costumes richement détaillés et dans les décors du palais absolument magiques. Le décor le plus impressionnant est sans doute la Caverne aux Merveilles (et sa destruction) sublimée par les effets spéciaux d'Industrial Light & Magic pas toujours convaincants sur le reste du long-métrage.

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Cette adaptation en « live-action » d’ « Aladdin » n’est finalement pas la catastrophe à laquelle on s’attendait et reste divertissante sans toutefois, jamais arriver à la hauteur de son modèle qui, lui est parfait. Heureusement la nostalgie que procurent les chansons, l'humour du Génie et la présence de Naomi Scott et Will Smith illuminent l’opus dés les premiéres notes ou à chacune de leurs apparitions.
A part d’infimes changements, cet « Aladdin » manque cruellement de magie et de charme. On préférera revoir le classique de 1992, plutôt que cette pâle copie sans saveur...