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C’est sans doute, LE film le plus attendu de cette année 2017. En effet, après les nombreuses réussites de remakes de leurs classiques d’animation, les Studios Disney s’attaquent ici à une histoire éternelle âgée de plusieurs centaines d’années, et, qui 26 ans après le chef-d’œuvre animé, est toujours autant plébiscité par des millions de spectateurs à travers le monde. 
« La Belle et la Bête » est ainsi le nouveau film en prises de vues réelle du studio aux grandes oreilles. S’il est tant attendu, il est aussi craint par de nombreuses personnes, car le film d’animation de 1991, est devenu un film culte, une œuvre de toute une génération.
Si le pari fut risqué, le résultat s’avère alors de toute beauté, et en tout point magique !

Synopsis : Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S'étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d'amour pour elle, mais victime d'une terrible malédiction.

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Ne vous attendez à aucunes grandes nouveautés, car « La Belle et la Bête » version « live-action » est en tout point, à quelques exceptions prêtes, similaire au film d’animation des Walt Disney Animation Studios de 1991. En effet comme son prédécesseur, « Le Livre de la Jungle », la transposition ici, s’avère fidèle, mais ressemble d’avantage à un remake. 
Ceci étant dit, c’est un plaisir que de redécouvrir cette histoire, et toutes ces scènes devenues cultes. Car oui, tout y est, les Studios Disney jouant ici la carte de la nostalgie, il sera très difficile pour les spectateurs de retenir leurs larmes, surtout pour celles et ceux ayant découvert le long-métrage animé au cinéma lors de sa sortie en 1991.
Même si la forme reste identique, le fond est intelligemment approfondi par le réalisateur Bill Condon, gommant les quelques imperfections et incohérences du film d’animation (Maurice a enfin une raison valable d’être emprisonner, qui soit dit en passant, est un très beau clin d’œil au conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont), tout en lui donnant plus de profondeur, et c’est là tout l’intérêt de cette adaptation !
Comme cela, l’histoire prend du temps à poser les bases, à se situer chronologiquement (la France du XVIIIème siècle), et a expliquer les choses comme par exemple, le pourquoi les habitants n’ont aucune (ou du moins, plus) connaissance du château…  
« La Belle et la Bête » version 2017, réussi l’exploit de magnifier son aîné à grand coup de magie et de nostalgie. Du grand Disney !

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Les personnages que l’on aime tant sont de la fête, et interprétés par un casting cinq étoiles.
Emma Watson, apporte au personnage de Belle toute sa grâce, sa classe et sa beauté. Tout en émotions, la jeune actrice ayant fait ses débuts dans la saga « Harry Potter » nous fait également découvrir un de ses talents cachés, le chant, qu’elle maîtrise à la perfection.
Dan Stevens, interprète quant à lui la Bête, qui sous son costume numérique, et notamment grâce à la Motion Capture, rend le personnage beaucoup plus attachant, de par sa transmission d’émotions assez convaincante.
Luke Evans, est ici le vaniteux Gaston. Tout bonnement excellent dans ce rôle, il apporte au personnage encore plus de méchanceté et de superficialité. Une prestation incroyable !
Josh Gad, est également très à l’aise dans le rôle de LeFou, l’acolyte de Gaston, qui se voit profondément développer.
Autre personnage qui subit une évolution majeur, c’est Maurice, le père de Belle interprété par Kevin Kline. Point d’inventions en tout genre, il est ici  fabricant de boîtes à musique. De plus, on en sait d’avantage sur son passé, ce qui le rend un peu plus intéressant.
« La Belle et la Bête » version Disney, ne serait sans doute rien sans sa pléiade d’objets enchantés. Ils sont tous là : Lumiére, Big Ben, Mrs Samovar et Plumette, tous interprétés respectivement et vocalement par Ewan McGregor, Ian McKellen, Emma Thompson et Gugu Mbatha-Raw. La personnalité de chacun n’évolue pas, par rapport au film d’animation, en revanche l’accent français d’Ewan McGregor en VO pour le rôle de Lumière est tout à fait appréciable et donne quelque peu le sourire.
Un personnage quant à lui gagne en épaisseur, et n’est autre que Madame de Garderobe (l’Armoire dans le film animé) dont la voix est assurée par Audra McDonald.
Enfin, Cadenza le clavecin du château, interprété par Stanley Tucci, fait ici son apparition pour la première fois et paraît bien fade comparé à ses autres amis.
N’oublions surtout pas, non plus nos deux artistes français, qui incarnent ici deux personnages secondaires qui apparaissent plusieurs fois, sans lignes de textes toutefois. En effet, il s’agit de Rafaëlle Cohen que l’on avait pu voir en 2014 sur la scène du Théâtre Mogador dans le Musical « Le Bal des Vampires » et qui interprète ici l’une des trois groupies de Gaston, ainsi que Alexis Loizon, inoubliable Gaston dans la version française du Musical « La Belle et la Bête » en 2013 dans le même théâtre, et qui incarne ici le rôle de Stanley, l’un des trois compagnons d’infortune de Gaston.

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Visuellement, « La Belle et la Bête » est une réussite. Même si il est vrai que la majeur partie des plans utilise le numérique à foison, le réalisateur Bill Condon et ses équipes ont souhaité autant que possible, tourné dans des environnements réalistes. C’est donc en studio qu’a été construit le village fictif de Villeneuve (où vivent Belle et son père) mais également les intérieurs du château de la Bête comme par exemple la majestueuse salle de bal. Les membres du département artistique ont donc passé plusieurs mois à faire des recherches sur l’architecture et la décoration intérieure du XVIIIème siècle afin de donner vie à cet univers magique. Finalement, l’équipe a opté pour une combinaison de différents styles architecturaux avec la prédominance du rococo français, un style très répandu dans la France des années 1740 et notamment utilisé pour le Château de Versailles. Le résultat est alors de toute beauté, avec des décors très détaillé et chargé, dans le plus pur style baroque.
Concevoir les costumes d’un conte de fées est un défi titanesque qu’a relevé, avec brio l’équipe en charge des costumes. Comme pour les décors, les détails de chaque tenue font toute la différence et les couleurs ressortent à merveille de chaque arrière-plan. Les petites filles comme les grandes, rêveront les yeux grands ouvert devant les sublimes robes que porte Emma Watson. Des détails, il en est aussi question pour le design des objets enchantés dont les lignes sont plus complexes que le film d’animation, et en font des êtres bien plus magiques que leurs aînés.

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La musique est un élément clé pour « La Belle et la Bête », et constitue à elle seule, toute l’émotion du long-métrage. La version de 2017, ne pouvait donc être qu’un film musical en reprenant l’intégralité des chansons de 1991. Il est à noter toutefois que de légères transformations ont eu lieu au niveau des paroles afin de mieux s’intégrer au récit, mais aussi à donner à ce film une identité qui lui est propre. Pas de quoi en faire un drame donc, puisque cela nous permet de redécouvrir ces magnifiques chansons connues de tous. D’ailleurs, rien à redire sur les acteurs, qui nous offre un travail de haute volée, et font honneur aux œuvres d’Alan Menken et Howard Ashman.
La Bande-Originale du film est donc un savoureux mélange entre le film d’animation dont les chansons sont extraites, le Musical dont on entend quelques thèmes et de l'inédit avec de toutes nouvelles chansons.
Pour ces titres inédits, le réalisateur a fait appel à Alan Menken, qui signe son grand retour à la partition de « La Belle et la Bête » épaulé par Tim Rice, parolier du Musical de Broadway. Ce sont donc quatre titres qui ont été spécialement écrite pour cet opus et qui ne dénature en rien l’œuvre original : « Aria » est une chanson courte qui introduit le film et, est chanté par Madame de Garderobe ; "How Does A Moment Last Forever" (« Je Rêve d’une Histoire Sans Fin ») interprétée par Maurice et Belle, et qui sera reprise plus tard par la jeune fille, sous le titre « Montmartre » ; « Days in the Sun » (« Jours Enchantés ») par les objets enchantés ; et  « Evermore » (« Ensemble à Jamais ») par la Bête. Il faut vous l’avouer, ces nouvelles ritournelles et notamment les deux dernières sont émotionnellement fortes, et procurera à coup sûr des vagues de frissons (et de larmes) aux spectateurs présents dans la salle, et en particulier celle du maître du château enchanté, qui rappelle étrangement (dans la façon d’être filmée et chantée) la séquence de la chanson « Rien qu’un Jour » du film d’animation « Le Bossu de Notre-Dame ». Magique !
Le générique n’en est pas moins sublime avec les reprises de « How Does A Moment Last Forever » et « Evermore », interprétées respectivement par deux des plus grandes voix actuelles, Céline Dion, 26 ans après son interprétation de « Beauty and the Beast » pour le film de 1991, et Josh Groban.
Pour le titre « Beauty and the Beast » présent également dans le générique, Disney a fait appel à la nouvelle génération, à savoir Ariana Grande et John Legend.

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« La Belle et la Bête » est LE film Disney par excellence ! Magie, Emotion, Chansons, il dispose de tous  les ingrédients pour faire passer à toute la famille un moment de pur enchantement. Plus noir et plus développé que le classique de 1991, il lui reste tout de même très fidèle et offre un magnifique hommage à la culture française. Les larmes seront alors très difficiles à retenir face à ce diamant qui arrive à sublimer cette Histoire Eternelle.