Isao Takahata, 80 ans revient après 14 ans d'absence avec son nouveau et dernier chef-d’œuvre « Le Conte de la Princesse Kaguya ». Il est l’un des fondateurs des studios Ghibli avec Hayao Miyazaki  et est aussi le réalisateur des films «Le Tombeau des lucioles » et  « Mes voisins les Yamada ».
L’histoire de la princesse Kaguya est un conte populaire japonais très célèbre, «Le Conte du Coupeur de Bambous ».  Il s’agit du conte japonais le plus ancien : on pense qu’il a été écrit à la fin du IXème siècle, début du  Xème siècle.

Synopsis : Kaguya, "la princesse lumineuse", est découverte dans une souche de bambou.  Elle devient bientôt une magnifique jeune femme dont la beauté attire les plus grands princes du royaume qui vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main…

« Le Conte de la Princesse Kaguya » est un film d’une grande beauté tel un livre d’images qui nous défile sous les yeux. Le style de ce film est quelque peu particulier, en effet le réalisateur a privilégié une esthétique singulière, les personnages dessinés au fusain évoluant dans des décors colorisés à l’aquarelle et animé par ordinateur. Le résultat est un peu déroutant au début mais au fur et à mesure que l’on entre dans l’histoire, on ne peut être qu’impressionner par la technique utilisée. On peut également saluer le génie de la scène de la fuite où seuls les traits de l’action du personnage sont dessinés.
Les thèmes abordés sont la nature qui est principalement présente dans la première partie du film, lorsque la jeune princesse découvre le monde qui l’entoure, notamment lors d’une scène où elle fait la rencontre de grenouilles, amusant et drôle. Le temps qui passe est aussi l’un des thèmes fort du film car l’on suit Kaguya  dans une grande partie de sa vie. Et le temps, justement nous semble parfois bien long, 2h17 est assez surprenant pour un film d’animation,  surtout au milieu du film, où les actions traînent en longueur même si elles sont assez sympathiques. Heureusement, le début et la fin dégagent une force qui donne du relief au récit.

    

« Le Conte de la Princesse Kaguya » regorge d’une pléiade de personnages mais seulement trois sont à retenir car  on les suit tout au long de l’aventure.
Tout d’abord il y a la princesse Kaguya, une jeune fille belle, attachante avec la joie de vivre. Mais plus elle grandit, plus elle se renferme sur elle-même du fait des événements qui s’y passent, elle devient mélancolique. Ce personnage est sans conteste l’un des plus attachants des films des studios Ghibli.
Le vieux couple de paysans qui va recueillir la princesse va être au petit soin pour elle et va lui apporter tout son amour jusqu’au jour où son père adoptif va être l’élément déclencheur de son renfermement. Heureusement, elle peut toujours compter sur sa mère adoptive pour trouver du réconfort.
Sutemaru, le jeune garçon avec qui la princesse fait connaissance durant son enfance va devenir un de ses meilleurs amis mais vont très vite être séparés.

La musique nous fait voyager dans les profondeurs du Japon grâce à son compositeur de talent, Joe Hisaishi, qui a notamment travaillé sur toutes les productions de Hayao Miyazaki. Absolument sublime du début jusqu’à son final en apothéose.

  

L’ultime œuvre de Isao Takahata mérite d’être vu tant au niveau de son esthétisme charmant que par sa musique typiquement japonaise et son histoire magique. Humour, beaucoup d’émotions font de « Le Conte de la Princesse Kaguya » un film qui émerveillera les amateurs des studios Ghibli même s’il faut le reconnaître, qu’il est parfois un peu long et difficile d’accès pour le grand public. A voir et à apprécier !

 

« Le conte de la princesse Kaguya est un chef-d’œuvre,  rempli de cœur et d’émotions. C’est un vrai bonheur à regarder »
Pete Docter, réalisateur de Là-Haut, Monstres et Cie et du prochain film des Studios d’animation Pixar, Inside Out

« Des électrochocs visuels résolument modernes. » LIBERATION

« Le conte de la princesse Kaguya est un voyage poétique, onirique » MADEMOIZELLE

« Un spectacle d'émerveillement visuel et sonore » FRANCE TV INFO

 

Photos : (c)Ghibli / Disney
Critique par : Marc Williatte